Licornes ou multinationales : dans quel univers technologique vivrons-nous ?

29 Dec 2016

Lorsque plus de 70% du secteur des services sera exploité par des automatismes, nous aurons alors basculé dans un monde de technologie. Mais nous, humains d’origine, dans quel monde vivrons-nous ? Un monde de licornes ou un monde de multinationales ?

 

 

Pour saisir cet euphémisme, penchons-nous sur cet article de Clémence Boyer publié dans les échos.fr : « Un journaliste a écrit une tribune au vitriol sur le site américain TechCrunch pour critiquer le manque d’ambition de la French Tech » - http://bit.ly/2i7hQ4Y .

                 

En bref, selon Jon Evans, éditorialiste chez TechCrunch donc, le gouvernement français voit surtout les startups comme un moyen de stimuler l’innovation à la faveur des grands groupes alors qu’il devrait les aider à devenir des acteurs mondiaux indépendants. Comme si le seul Graal des startups françaises était leur rachat par un groupe du CAC 40. Autrement dit, à contre-courant de l’énergie qui irrigue la Silicon Valley où l’on est persuadé que les startups peuvent dévorer les dinosaures et les remplacer. En France, pour rester dans la course, on propose aux dinosaures de se nourrir de startups !

 

Inutile de contester cette réalité en arguant que le financement de la recherche développement par le denier public français est l’un des plus dynamique de sa catégorie ou que les membres du big five californien ne sont pas les derniers à se gaver. Il suffit pour cela de jeter un œil sur la dernière estimation de Roland Berger sur la valeur de l’écosystème des startups dans le monde.

 

 

Car le problème est celui de la structuration de l’écosystème. C’est précisément le diagnostic de Bertrand Diard dans sa chronique du 14 décembre dernier du JDN - https://lc.cx/JUuD.

                          

Son constat est en parfaite adéquation avec les chiffres mentionnées ci-dessus : « Pour que la France devienne une véritable « Tech Nation », il nous faut multiplier par 10 notre capacité d’investissement ». Mais les choses deviennent encore plus intéressantes lorsqu’il prescrit : « Nous avons identifié trois axes de travail susceptibles de dynamiser l’écosystème du financement en France, l’investissement des particuliers dans les entreprises innovantes (i), l’orientation de l’épargne existante vers l’innovation (ii), et le corporate venture (iii) ».

 

Les 2 premières prescriptions sont des déterminants fondamentaux pour la plupart des économistes depuis déjà longtemps. Mais le corporate venture, quèsaco ?

                        

Il s’agit de l’investissement des entreprises dans l’innovation, qui lui apparait comme étant un instrument majeur d’innovation ouverte mise à disposition et susceptible d’attirer les grandes entreprises. Pour cela, il propose que la totalité de l’investissement éligible puisse être amortie au titre de l’année en cours et non sur cinq ans comme il est prévu actuellement.

 

Mais alors selon l’éditorialiste de TechCrunch, Jon Evans, Bertrand Diard n’aurait rien compris ou presque ? Ce dernier est pourtant serial entrepreneur à succès, co-fondateur d’Influans, une solution qui permet à toute marque ou distributeur de multiplier par trente l’efficacité de son marketing digital grâce aux big data et au machine learning et co-fondateur de Talend, un des éditeurs open source les plus performants dans le monde, aujourd’hui coté sur le Nasdaq…

 

Entre ces 2 avis de professionnels avérés pouvant paraître contradictoire selon certaines apparences se trouve 2 mots clés cachés : mutualisation et entrepreneur.

 

Le corporate venture consiste à mutualiser l’investissement au sein des startups sans nécessairement permettre à telle ou telle grande entreprise d’en prendre le contrôle.

 

L’entrepreneur, son équipe exécutive ou encore son mentorat, est l’instrument exclusif de décision face à cette question… sur le papier seulement.

 

Car dans la réalité, il existe d’innombrables facteurs susceptibles d’empêcher l’entrepreneur de préserver son indépendance d’une prise de contrôle de sa startup par une entité a priori en situation de lui apporter perspectives et pérennité. Ces facteurs sont inhérents à la vie de la startup elle-même, impossible à contrôler ou à encadrer de manière uniforme.

 

Seule la sagacité de l’entrepreneur peut lui permettre de prendre la hauteur de vue nécessaire lors des moments clés de la vie de sa startup, à travers sa capacité à s’entourer des bons conseils au bon moment puis à remettre cette structuration sur le tapis dans les temps impartis. C’est sa politique de pilotage et sa capacité de remise en cause qui sont ici concernés et ce n’est ni un petit enjeu individuel ni un petit enjeu collectif.

 

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